Emotions, monstre puissant

Corvette Monstre Puissant
Corvette Monstre Puissant
Corvette Monstre Puissant

Les émotions font partie intégrante de notre être, comme à beaucoup d’animaux. Pourtant, en tant qu’être évolué, civilisé, beaucoup d’entre nous avons réellement beaucoup de mal à les gérer. Tel un monstre, une voiture très puissante, nous pouvons en faire de grandes choses si nous savons les maîtriser et les utiliser, tout comme elles peuvent nous mener à une catastrophe si nous ne savons pas les maîtriser.Nous avons tous cet outil puissant, mais beaucoup aussi le laissent verrouillé dans la garage.

Au sujet des émotions, nous pourrons voir ces différents points, qui ont été développés par Claude Steiner, dans son livre intitulé L’ABC des émotions.

  • L’engourdissement émotionnel
  • Les manifestations physiques des émotions
  • Le chaos émotionnel
  • Savoir dire ses émotions
  • Savoir différencier ses émotions

 

L’engourdissement émotionnel

Cet engourdissement émotionnel arrive volontairement par exemple aux personnes qui disent « je ne veux plus tomber amoureux à cause des déceptions que j’ai eues ». L’engourdissement émotionnel peut aussi arriver de façon non consciente. Par une réaction d’auto défense, notre psyché nous évite le traumatisme. C’est exactement le même phénomène que quand nous tombons dans les pommes, ou dans le coma suite à un choc physique trop violent. Le coma nous endort momentanément pour nous empêcher subir un choc trop violent pour notre cerveau, notre conscience.

Beaucoup d’entre nous avons développé cet engourdissement émotionnel pour nous protéger des vagues trop importantes de nos émotions. Il est arrivé que nous n’ayons pas su gérer convenablement certaines de nos émotions. Les bonnes meurs nous ont aussi enjoint de ne pas trop manifester nos émotions. Nous devions rester sages, rester polis, policés. Parce que les émotions, c’est mal. C’est mal élevé. En tant qu’enfant sages, nous avons alors appris à refouler nos émotions. Nous sommes les propres bourreaux de l’expression de nos émotions.

Pourtant, les émotions font partie intégrante de notre être. Oui, ils font partie intégrante de notre être animal. En tant qu’animal, nous devons manger, nous défendre du danger, chasser, savoir prendre la fuite, perpétuer par la reproduction notre espèce. En étant plus évolués que les reptiles par exemple, nous nous occupons aussi de notre progéniture jusqu’à ce qu’ils soient autonomes. A chacun de ces besoins primaires correspondent des émotions. Ces émotions qui nous font réagir du tac au tac, sans même avoir besoin de réfléchir. Sans avoir donc besoin de notre cerveau « supérieur » qui doit calculer avant de donner l’ordre de faire ceci ou cela. En vérité, les émotions sont des réflexes innés.

Alors certains d’entre nous ont censuré leurs émotions, pour ne devenir que des calculateurs froids. Parmi ceux-ci, les psychopathes, les délinquants qui n’ont comme on dit aucun état d’âme. En fait aucun sentiment. Et aussi, des timorés à l’extrême de leurs propres réactions, de leur propre cœur. Ils peuvent se réfugier dans la science comme le fit Blaise Pascal. Peu importe leur alibi. Ce sont des ordinateurs. Très calculateurs, défilant parfois comme des soldats soviétiques, réalisant des choses avec une perfection technique. Ce sont des ordinateurs. Ils sont froids, ils ne sentent rien, bien que parfois jouant artificiellement un rôle. Tels des automates programmés. Il leur manque le sens de leur vie. Ils ont renié leurs émotions, ils ne sentent plus rien.

Les manifestations physiques des émotions

Je disais, « ils ne sentent plus rien ». En vérité, ils sentent, ressentent souvent encore quelque chose. Certes, intellectuellement parlant, ils ne reconnaissent aucune émotion. Mais parfois, le corps dit, « mais si ! Si ! Je ressens quelque chose ! Mais toi, l’intellect, tu a censuré! ». Que se passe-t-il en pareil cas ? La manifestation de ceci, c’est par exemple, une migraine. Un mal de dos, une crampe. Un vomissement, ou que n’en sais-je encore ? Nous pouvons dire, « je ne ressens rien », pourtant notre cœur bat parfois plus fort et plus vite. Des fois, nos oreilles nous chauffent. Nous savons bien qu’ils rougissent. Notre visage aussi d’ailleurs. Oui, nos émotions ont des manifestation physiques qu’il nous est difficile à réprimer. A un moment donné, notre corps va manifester son besoin de calories. A un autre moment donné, notre rythme cardiaque va s’accélérer. Car notre corps sait qu’il va peut être devoir se battre, ou fuir. Je m’en arrête là; la liste peut bien entendu s’allonger 😉 .

Le chaos émotionnel

Parfois pourtant, nos émotions, qui devraient justement nous défendre, nous jouent des tours. Nous avons tous que nos émotions, c’est comme une bête sauvage qui risque d’échapper à notre contrôle. Comme une voiture de course qui peut foncer, nous donner beaucoup de plaisir, mais aussi qui peut faire une sortie de route dramatique. D’où cette notion de chaos émotionnel. Ces émotions qui sortent du cadre de contrôle. Nous avons tous sûrement déjà vécu à un moment donné ou à un autre vécu ce chaos émotionnel. Souvent, cela commence à l’enfance. Une peur panique, que l’on nous qualifie ensuite de ridicule par exemple. Ou encore un chagrin. Le « on » qui qualifie notre émotion, peut être l’un de nos parents, notre entourage ou encore nous mêmes. Une partie de nous mêmes. Et cette partie est ce que Eric Berne a appelé « le parent normatif ». Appelé aussi parfois, « le parent flic ». Le chaos émotionnel mérite d’être maîtrisé, piloté. Les émotions doivent survivre à la mise en ordre, à leur mise en ordre par notre volonté. Notre volonté qui va en fait leur faire faire une chorégraphie harmonieuse, généreuse, belle, musicale. Bref, une belle expression du cœur.

Savoir dire ses émotions

Dans tout ce qui précède, nous n’avons pas verbalisé nos émotions. Si nous les nions en nous engourdissant, nous n’allons bien sûr pas en parler. Et quand il s’agit de manifestations physiques, ce ne sont pas des mots non plus. Même, des larmes ou des cris ne sont pas des mots. Notre spécificité d’êtres humains est de pouvoir parler. De pouvoir exprimer avec des mots que nous avons des émotions. Mine de rien, ceci est une grande étape. En effet, nous sortons ici de l’univers de l’animal pur, commun oserais-je dire, pour aller vers celui spécifique de l’humain. L’humain intelligent, qui sait exprimer et manipuler des concepts avec des mots. C’est ce qu’à la télévision, les présentateurs appellent « une poussée d’adrénaline », ou encore chez Nicolas Hulot, « la séquence émotion ». Dans la vraie vie, la notre personnelle, il me semble que ce n’est pas très souvent que nous exprimions verbalement que nous vivons une émotion. Ce n’est pas si facile que çà. Je pense à cette chanson intitulée « Ces mots stupides qui disent Je t’aime ».

Savoir différencier ses émotions

Le chemin peut bien entendu être continué lorsque l’on a verbalisé que l’on sent ses émotions. Il ne suffit pas de le dire une fois, il faut en prendre l’habitude. L’exprimer, le dire à d’autres personnes. Celles de son entourage propre, tout comme aux gens que l’on rencontre dans la rue ou au travail. Un compétence à acquérir ensuite est de savoir différencier les émotions vécues. L’amour, la joie, la tristesse, la colère, la peur sont quelques émotions de base. Déjà savons nous les identifier et les nommer facilement lorsqu’ils adviennent ? Tout ceci nécessite un entraînement. Une pratique.

Puis nous avons aussi à reconnaître les émotions secondaires, qui sont une composition des émotions primaires. De même, quand ils sont reconnus, leur attribuer leurs noms, désignations adéquates dans nos dialogues avec notre entourage. Ce n’est peut-être pas inné. C’est le propre de l’homme de mettre des mots précis sur ce qu’il peut ressentir.

Pour conclure, je cite cette réplique sèche de Bruce Lee : « L’essentiel n’est pas de penser mais de sentir ! ».